L’UNION DES PIEDS NOIRS EN MARCHE ?
Jean Pierre BARTOLINI

Le 2 février 2002, au Mas de l’Ille à Port-Barcarès dans les Pyrénées Orientales, s’est tenu le premier Congrès National des Citoyens Français d’Afrique du Nord. Les invitations ont été lancées à tous les présidents d’associations répertoriés (plus de 600), il y a peut être eu des oublis involontaires.

Ce congrès qui se voulait Rassembleur du Monde Pied Noir et Harkis, 40 ans après notre douloureux exode, a été suscité et mis sur pied par l’Association ACEP-ENSEMBLE de Montpellier et la FNER des P.O, et dont la cheville ouvrière a été MM. ARTZ, Cavalière, Palma, Patane et Villard.

Il est important de signaler, que pendant toute la journée, le podium entouré de la bannière est resté délibérément vide de toute personne et ceci pour montrer que tout le monde était sur le même pied d’égalité, et que c’est l’assemblée qui déciderait des personnes qui dans l’avenir devront occuper ces postes.
Seul un pupitre avec un micro où ont pris place, à tour de rôle, les personnes qui avaient à intervenir, soit pour les discours d’introduction de Mrs Artz et Palma ; soit pour le discours de bienvenue de Mme Joëlle Ferrand Maire de Port-Barcarès qui soit dit en passant a mis gracieusement à notre disposition toutes les installations du Mas de l’Ille ; soit pour poser des questions et leurs réponses. Le ton était donné

L’objet principal de ce congrès : Réussir à regrouper l’ensemble des associations par la mise en place d’une véritable assemblée délibérante, sans appartenance politique et où siégeraient de droit tous les présidents.
La distribution d'un tract de prise de conscience à été effectué par son auteur, M. Claude Troïse

Les buts de ce congrès : Faire le point de la situation 40 ans après. Situation, qui a été gérée par tous les types de pouvoirs politiques, en matière :
- D’indemnisation et de réparation des préjudices matériels, physiques et moraux.
- De gestion des sépultures en Algérie.
- De réhabilitation des membres de l’OAS qui ont défendu l’Algérie Française et la France.
- De rejet de la loi du 19 mars.
- De reconnaissance des victimes de la guerre et du génocide Pied Noir et Harki.

Cette journée de travail a rassemblée plus de 400 personnes, Présidents ou Mandataires de 400 Associations représentant 500000 Pieds noirs et l’ensemble de la communauté Harki.

Pour donner corps à la motion finale de la journée, les travaux ont été répartis en quatre commissions sous forme d’ateliers séparés d’où devaient ressortir quatre résolutions.
Le nombre de participants aux commissions a été très inégal, chacun choisissant en fonctions de l’intérêt qu’il y ressentait.

1) La première commission (très, très grosse participation) a traité de l’indemnisation, des retraites, de la réinstallation, du désendettement, du contentieux et de l’épineux problème des cimetières.

2) La deuxième commission, 20 personnes et dont je faisais parti car me paraissant la commission la plus essentielle, a été dirigée par M. Hattab Pacha du Comité Véritas et par M. Philippe Nouvion du Recours. Commission qui avait en charge : l’histoire, la mémoire, la vérité, la culture et l’art.

Nous avons pris la résolution suivante en trois points:
- Qu’enfin la reconnaissance officielle de l’entité de notre communauté soit placée en tête de toutes nos revendications car sans cette reconnaissance nous n’obtiendrons rien du tout et nous continuerons à être bafoués.
- La diffusion et l’enseignement de la vérité : sur la colonisation et son œuvre ; sur l’administration et la vie pendant 130 ans ; sur la guerre, la pacification, la trahison et l’exode.
- La conservation et la transmission à nos descendants, par tous les moyens existant, de notre mémoire et de notre culture

. Les actions qui ont été préconisées : la diffusion de tracts, de journaux, de spots publicitaires, d’émissions de radio et TV ; la réalisation de site Web, de petits films ; le dépôt de projet de loi.

3) La troisième commission qui devait s’attacher à tout ce qui concerne l’administration, le financement, la communication et la structure du collectif qui naîtra.
Cette commission a décidé qu’il n’y aurait pas, pour le moment, de président désigné ce jour mais qu’il y aurait une collégiale qui travaillera jusqu’aux mois de septembre-octobre avec l’organisation d’un 2éme congrès et qui fera le point sur les résolutions en présentant des solutions de mise en place.

4) La quatrième commission qui était réservée aux Harkis et à leurs problèmes, dont la situation financière et l’intégration de leurs enfants.

Ils ont décidé et déclaré par la voix de M. Boussad Azni, président du comité national de liaison des Harkis :
« Notre participation est une forme de soutien à nos frères Pieds Noirs, mais chacun doit régler ses problèmes propres. Nous ne serons plus les supplétifs de personne. C’est fini. En ce qui nous concerne, nous ne comptons que sur nous même pour régler nos problèmes. Les pieds Noirs doivent d’abord obtenir leur reconnaissance nationale comme nous l’avons obtenu le 25 septembre 2001. Les Harkis entendent rester Harkis, car nous n’avons pas les mêmes soucis. Nous ne pouvons pas nous associer sous la bannière Français d’Afrique du Nord. Nous, nous avons déjà fait l’union de toutes les associations de Harkis et nous avons élaboré une charte. Aux Pieds Noirs d’en faire de même. »

Mon commentaire sur cette déclaration:
Je comprends très bien cette déclaration qui illustre la résolution de la commission N° 2, en faisant apparaître clairement la reconnaissance et le besoin d’une charte pour que la communauté Pied Noir puisse parler d’une seule voix sur les grandes lignes de nos revendications. Ils ont su s’unir pour réagir.
Là, où j’ai du mal à saisir le sens de cette phrase : « nous ne pouvons pas nous associer sous la bannière Français d’Afrique du Nord. », c’est une question en suspens.

ENFIN, il faut espérer que cette journée ne restera pas sans suite, et que notre communauté aura compris la véritable nécessité d’unir toutes nos associations, de rejeter toute accointance politique dont se servent tous les pouvoirs pour nous faire comprendre « qu’ils nous nous ont compris ».


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